Voie 1 · Les maladies du sucre

Les cinq diabètes

On croit que le diabète est une maladie. C'est une famille : toutes les maladies où ce que nous faisons de notre sucre, c'est-à-dire de notre énergie, tourne mal. On peut en compter cinq. Le type 1 et le type 2, sont les plus connus, qui tournent autour du sucre dans le sang. Le cancer, qu'on peut ranger en type 3. La maladie d'Alzheimer, en type 4. Et pour compléter, le bouchage des vaisseaux, en type 5. Cinq maladies, une seule histoire. Ensemble, elles font du diabète la maladie de très loin la plus répandue du monde. Et elles ont un remède commun d'une simplicité désarmante.

TypeOù ça se passeCe qui cloche
1Le pancréasL'usine à clés ne fabrique plus d'insuline
2Les musclesLes muscles ne veulent plus du sucre et ferment la porte
3, le cancerUne cellule qui s'emballeElle dévore le sucre et le brûle mal
4, AlzheimerLe cerveauIl ne gère plus son propre sucre, et s'encrasse
5, l'athéromatoseLes vaisseauxLe sucre en trop devient graisse, et les tuyaux se bouchent

Le sucre, c'est notre fuel

Tout ce que nous mangeons finit, pour l'essentiel, en un sucre simple qui circule dans le sang : le glucose. C'est notre essence. Le cœur, les muscles, le cerveau roulent avec.

Comme l'essence, le sucre est précieux et dangereux. Précieux parce qu'il donne l'énergie. Dangereux parce que, laissé libre en trop grande quantité, il abîme : il colle aux protéines, il irrite les vaisseaux, il entretient l'inflammation. Un sang trop sucré, c'est un garage où traînent des bidons d'essence ouverts.

Le corps a donc un système de rangement. Pour entrer dans une cellule, le sucre a besoin d'une clé : l'insuline, fabriquée par le pancréas après chaque repas. La clé ouvre la porte, le sucre entre, le sang redevient propre.

Une fois rentré, le sucre est soit brûlé tout de suite, soit rangé. Le muscle et le foie le stockent sous une forme compacte, le glycogène. C'est de l'essence mise en bidons fermés : beaucoup moins inflammable. Mais les bidons ont peu de place, de quoi tenir une journée, guère plus. Le reste, tout le reste, part dans le tissu graisseux, qui reçoit les colis et stocke sans limite. C'est l'entrepôt.

Types 1 et 2 : l'usine et le muscle

Le type 1, c'est l'usine à clés qui ferme. Le pancréas ne fabrique plus d'insuline, le plus souvent chez un enfant ou un jeune adulte, parce que ses propres défenses l'ont détruit. Le sucre reste dehors, dans le sang. Il faut apporter les clés de l'extérieur, en piqûres. Ici, le mode de vie n'y est pour rien : c'est un accident de l'usine.

Le type 2 est tout autre. Les clés sont là, et même en abondance. Mais les portes ne s'ouvrent plus. C'est ce qu'on appelle la résistance à l'insuline.

Mettez-vous à la place du muscle. Son propriétaire est sur le canapé depuis ce matin, et il mange des gâteaux. Le sucre se présente à la porte, encore et encore. Le muscle n'en a pas besoin, il n'a rien fait de la journée, et ses bidons sont pleins. Alors il fait ce que ferait n'importe qui : il ne répond plus. Il résiste à l'insuline. Il se protège, comme on refuse un colis de plus quand la cave déborde.

Le pancréas, voyant le sucre rester dans le sang, fabrique encore plus de clés. Le sucre refusé par les muscles part vers l'entrepôt. Le ventre grossit. L'obésité, c'est l'entrepôt qui déborde. Et à force de fabriquer des clés pour des portes qui ne s'ouvrent pas, le pancréas s'épuise. Le diabète de type 2 est là.

La bonne nouvelle est dans le mécanisme. Un muscle qui travaille vide ses bidons, il a de nouveau faim de sucre, il rouvre ses portes. Mieux : un muscle en plein effort sait faire entrer le sucre presque sans clé. La marche, l'escalier, le jardin sont des clés à leur façon.

Combien sommes-nous ? La moitié du pays

Le diabète de type 1, l'accident de l'usine, est rare. En France, il touche environ 260 000 personnes, à peine 0,4 % de la population. Aux États-Unis, 2,1 millions, environ 0,6 %.

Le diabète de type 2 est une autre affaire. En France, en 2024, plus de 4,4 millions de personnes sont traitées pour un diabète, soit 6,6 % de la population, et plus de neuf sur dix sont des types 2. En dix ans, la proportion a augmenté de 20 %. Et ce chiffre ne compte que ceux qu'on soigne : beaucoup s'ignorent. Aux États-Unis, 40 millions de personnes sont diabétiques, 12 % de la population, et plus d'un diabétique adulte sur quatre ne le sait pas.

Mais le diabète déclaré n'est que la pointe de l'iceberg. En dessous, il y a le terrain : la résistance à l'insuline, celle du muscle du canapé. Elle ne se voit pas sur une prise de sang ordinaire, mais elle a un signe visible, le poids. L'obésité va le plus souvent avec la sédentarité, et la plupart des obèses résistent à l'insuline. En France, 18 % des adultes sont obèses, 10 millions de personnes. Et près d'un adulte sur deux, 49 %, est en surpoids ou obèse.

Les Américains, eux, mesurent directement l'étape d'avant, le prédiabète : un sucre déjà trop haut dans le sang, pas encore assez pour parler de diabète. 115 millions d'adultes américains sont prédiabétiques. Ajoutez les diabétiques : environ six adultes américains sur dix sont soit diabétiques, soit en train de le devenir. Et 40 % sont obèses.

Voilà le grand nombre. Le diabète n'est pas la maladie de quelques-uns. Avec son antichambre, il concerne près de la moitié des adultes en France, et la majorité aux États-Unis. Et on n'a encore compté que les deux premiers types.

Type 3 : le cancer, la cellule qui dévore le sucre

Pour comprendre le cancer comme une maladie du sucre, il suffit de passer par l'examen le plus utilisé pour le détecter et suivre son évolution : le Pet Scan.

Le principe est simple. On injecte au patient un sucre, légèrement modifié pour qu'on puisse le suivre à la trace, puis on photographie le corps. Le sucre va là où on le consomme. Et là où il y a un cancer actif, il s'accumule : sur l'image, on voit une tache noire sur la partie du corps atteinte.

Pourquoi ? Parce que le Pet Scan utilise un phénomène découvert dès les années 1920 par un physiologiste allemand, Otto Warburg. Il a montré que les cellules cancéreuses consomment bien plus de sucre que les cellules normales. Elles ont un métabolisme très élevé, entre autres parce qu'elles se divisent sans arrêt.

Plus un cancer est actif, plus il absorbe de sucre, et plus la tache est nette au Pet Scan. Moins il est actif, moins il en absorbe, et moins on le voit. Et en règle générale, les cancers les plus gourmands sont les plus dangereux, les plus enclins à faire des métastases. Les médecins mesurent d'ailleurs l'intensité de la tache, et s'en servent pour juger de la gravité et de la réponse au traitement.

On appelle cela l'effet Warburg : la cellule cancéreuse dévore le sucre bien au-delà de la normale. Et en plus, elle le brûle mal. Une cellule normale brûle son sucre jusqu'au bout, dans de petites chaudières intérieures. La cellule cancéreuse s'arrête à mi-chemin, même quand elle a tout l'oxygène qu'il faut. Elle gaspille, et pour compenser, elle en avale encore plus. Elle rejette le reste en acide, le même qui nous brûle les jambes après un sprint. Cet acide la protège : autour d'elle, les cellules de défense qui devraient la détruire travaillent mal. La tumeur se bâtit une forteresse avec ses propres déchets.

C'est exactement l'inverse du muscle du canapé. Le muscle ferme sa porte au sucre. La cellule cancéreuse ouvre toutes les siennes et en réclame toujours plus.

Warburg disait que la cause première du cancer est le remplacement, dans la cellule, de la respiration par l'oxygène par une fermentation du sucre. Autrement dit, le cancer peut être considéré comme une maladie du métabolisme du sucre. C'est pourquoi on peut l'appeler, comme certains le font, une sorte de diabète. Je le baptise type 3.

Combien de cancers sont concernés ? En gros, huit sur dix : c'est la part des cancers qu'on voit bien au Pet Scan. Le Pet Scan, c'est l'effet Warburg mis en image.

D'où une voie de traitement sans médicament : couper les vivres à la tumeur. Le jeûne, complet ou intermittent, est aujourd'hui étudié en accompagnement des traitements du cancer.

Et l'insuline, pour la cellule cancéreuse, est un encouragement à grandir. C'est pourquoi les gens qui vivent avec trop d'insuline dans le sang, les obèses, les diabétiques de type 2, font davantage de certains cancers. Le type 2 et le type 3 se donnent la main.

L'aparté de langage : Krebs, le crabe

Cancer est un mot qui veut dire crabe. Nos ancêtres ont donné ce nom à la maladie parce qu'elle semble avancer dans toutes les directions, comme le crabe, l'animal qui marche de côté. Sans doute aussi pour ses pinces effrayantes, qui nous attrapent et nous dévorent de l'intérieur. Les médecins grecs voyaient même, autour de certaines tumeurs, des veines gonflées qui rayonnaient comme des pattes.

En allemand, crabe se dit Krebs. Et le cancer aussi se dit Krebs. Or, et c'est un effet Babel remarquable (voir la boîte Langue universelle), le physiologiste allemand qui a découvert comment les cellules normales utilisent le sucre s'appelait… Krebs. Hans Krebs. On appelle cycle de Krebs la suite de réactions chimiques qui tirent l'énergie du sucre en présence d'oxygène. Si bien que tous les petits Allemands qui apprennent à l'école comment l'homme utilise son sucre entendent « cycle du cancer ».

Ajoutons que le professeur Krebs, alias professeur Cancer, était le disciple d'Otto Warburg, celui qui découvrit que le cancer, Krebs dans sa langue, était une maladie du sucre. J'imagine que cela devait faire drôle, à l'élève comme au maître, d'évoquer le cancer chaque fois qu'on appelait Monsieur Krebs, quand tout, dans leur laboratoire, tournait autour du sucre, dans la santé comme dans la maladie.

Pour compléter le scénario de cet effet Babel, un scientifique anglais du nom de Crabtree, littéralement « arbre à crabe », décrivait à la même époque un autre effet de fermentation, très voisin de l'effet Warburg, qu'on observe surtout chez les levures. De quoi couronner toute cette recherche autour du sucre.

Type 4 : Alzheimer, le diabète du cerveau

Le quatrième diabète est celui qui se joue spécifiquement dans le cerveau, là où la régulation du sucre est la plus fine.

Le cerveau pèse 2 % du corps et consomme à peu près le quart de notre sucre. C'est le plus gros client de la maison. Et il ne sait pas stocker : pas de bidons, ou presque. Il vit à la minute. Quelques minutes sans sucre, et c'est le malaise.

Pendant un gros effort physique, les muscles réclament du sucre en masse, et l'insuline du pancréas s'occupe d'eux. Elle ne peut pas, en même temps, faire la gestion fine du cerveau. Or on a découvert que le cerveau fabrique un peu de sa propre insuline, notamment dans l'hypothalamus, la région qui produit déjà les hormones de la faim, de la satiété, de la température, du stress. Un petit pancréas local, qui permet au cerveau de gérer son sucre à part du reste du corps.

La plupart des neurones prennent leur sucre sans attendre de clé : le cerveau a trop besoin d'énergie pour faire des manières. Sauf dans la zone de la mémoire, l'hippocampe. Là, les portes demandent la clé de l'insuline, comme celles du muscle. Et elles s'ouvrent quand on apprend. Chez l'animal, on les voit s'ouvrir pendant un exercice de mémoire. La zone de la mémoire est un muscle, et son exercice, c'est de penser.

C'est précisément par cette zone que commence la maladie d'Alzheimer. Et le cerveau des malades résiste à l'insuline, comme le muscle du diabétique. Des chercheurs ont appelé cela « diabète de type 3 ». Je le range en type 4, le cancer ayant pris la place avant lui.

Il y a les dépôts. Le cerveau des malades est encombré de plaques d'une protéine collante, l'amyloïde. Or le corps n'a qu'un seul éboueur pour détruire à la fois l'insuline usée et l'amyloïde. Trop d'insuline à ramasser, et l'éboueur est débordé : l'amyloïde s'entasse. Trop de sucre, donc trop d'insuline, donc des plaques. Comme la graisse s'entasse dans l'entrepôt quand les muscles refusent les colis. Ajoutez l'inflammation que le sucre entretient, et les cellules de défense du cerveau qui s'irritent : tout se tient.

L'équivalent du canapé, pour le cerveau, c'est la pensée qui ne fait plus rien. Qui ne s'étonne plus, n'apprend plus, ne cherche plus. Sucre en excès, muscles immobiles, pensée immobile : la recette est complète.

Les chiffres suivent. En France, près d'une personne sur cinq est touchée par une maladie d'Alzheimer ou une démence apparentée après 75 ans. Aux États-Unis, 7,2 millions de personnes de plus de 65 ans ont un Alzheimer, une sur neuf, et une sur trois après 85 ans. Le nombre de malades doit presque doubler d'ici 2050.

La religieuse au cerveau encombré

Aux États-Unis, une grande étude a suivi plusieurs centaines de religieuses pendant des années, jusqu'à leur mort, et a examiné leur cerveau après. L'une d'elles est morte à plus de cent ans. Quelques mois avant sa mort, ses tests de mémoire et de raisonnement étaient parfaits. À l'autopsie, son cerveau était truffé de plaques et de lésions. Un cerveau d'Alzheimer complet, qui pensait parfaitement.

Elle n'est pas une exception. Près d'une personne de 90 ans sur deux, parfaitement lucide, a déjà des plaques dans le cerveau. Et quand on additionne toutes les lésions qu'on sait voir à l'autopsie, elles n'expliquent qu'environ 40 % du déclin de la pensée. Le reste, près de 60 %, ne se lit pas dans le cerveau mort.

C'est comme l'arthrose. On voit tous les jours des radios bourrées d'arthrose chez des gens qui n'ont pas mal, et d'autres, presque propres, chez des gens qui souffrent le martyre. Il en va de même pour l'« atrophie » qu'on lit sur les comptes rendus de scanner : elle dit peu de chose de l'état réel de la personne.

Qu'est-ce qui fait la différence ? Les mêmes chercheurs ont mesuré une chose étonnante : le sens que chacun donne à sa vie. À lésions égales, ceux qui avaient le plus de sens avaient mieux pensé jusqu'au bout. À l'inverse, chez des prêtres et des religieuses, ceux qui avaient tendance à l'inquiétude, à la rumination, au malheur, avaient deux fois plus de risques de devenir déments, sans avoir plus de lésions. La sœur aigrie, malheureuse de sa foi, n'est pas protégée. Ce n'est pas d'avoir la foi qui protège, c'est la manière de l'habiter.

Le muscle de la pensée : apprendre, pas ruminer

On objectera qu'il y a des intellectuels, des écrivains, des artistes, morts déments. Ils faisaient de la gymnastique intellectuelle toute leur vie, non ?

Pas forcément. Il faut distinguer deux gymnastiques. Celle qui s'étonne, qui découvre, qui prend plaisir et fait circuler tous les appétits. Et celle qui relit ce qu'elle sait déjà, rumine ses idées, s'y renforce et ne se renouvelle plus. Le blasé. On a alors deux sortes de sédentaires de la pensée : ceux qui l'ont toujours été, et ceux qui le deviennent, parfois après une phase de création immense. Le physicien qui refait la même physique, le romancier qui écrit son énième roman, sont peut-être moins protégés que la grand-mère qui découvre le sudoku.

Une expérience l'a montré. On a pris des gens de soixante à quatre-vingt-dix ans, pendant trois mois. Les uns ont appris quelque chose de nouveau et d'exigeant : la photo numérique, le patchwork. Les autres ont fait des activités familières : écouter de la musique, faire des mots croisés comme d'habitude. Seuls ceux qui apprenaient ont amélioré leur mémoire. Ce qui muscle, c'est le nouveau.

Une autre étude, sur des personnes âgées suivies pendant des années, a passé en revue leurs activités physiques. Une seule protégeait vraiment de la démence : la danse. Le risque était divisé par quatre environ. La danse, c'est de la musique, un partenaire, des décisions à chaque seconde, et du plaisir. Tout en même temps.

Une chose encore. La maladie d'Alzheimer commence quinze ou vingt ans avant qu'on la voie, et l'un de ses premiers signes est justement la perte de curiosité. Raison de plus pour entretenir l'étonnement bien avant, quand il est encore temps.

Le sens qui marche, celui de la religieuse centenaire, n'est pas un sens figé. C'est un sens qui oblige à donner un sens nouveau chaque jour aux actes les plus simples. La vaisselle, le ménage, la cuisine, faits en bénissant de son cœur. Un frère cuisinier du XVIIᵉ siècle disait qu'il trouvait Dieu aussi bien en retournant une omelette qu'à la chapelle. Il est mort lucide, à près de quatre-vingts ans, à une époque où c'était rare.

Type 5 : les vaisseaux qui se bouchent

Pour compléter le tableau, il faut un cinquième diabète : l'athéromatose, le bouchage des vaisseaux sanguins.

Le sucre en trop ne disparaît pas. Le foie en transforme une partie en graisses, qui partent dans le sang. Ces graisses, avec le sucre qui irrite la paroi des vaisseaux, se déposent en plaques, comme le tartre dans un tuyau. Le tuyau rétrécit, puis se bouche. Dans le cœur, c'est l'infarctus. Dans le cerveau, l'accident vasculaire. Dans les jambes, l'artérite.

Le diabétique le sait bien : ses vaisseaux sont son point faible, et c'est d'abord de son cœur qu'il meurt. C'est la même maladie, vue du côté des tuyaux. Et c'est la première cause de mort au monde : près de 18 millions de morts par an, un tiers de tous les décès.

Le compte total : la maladie la plus répandue du monde

  • Type 1 : environ 0,4 % des Français.
  • Type 2 et son antichambre, l'obésité et la résistance à l'insuline : près de la moitié des adultes en France, six sur dix aux États-Unis.
  • Type 3 : environ huit cancers sur dix.
  • Type 4 : une personne sur cinq après 75 ans, une sur trois après 85.
  • Type 5 : la première cause de mort sur la planète.

Mis bout à bout, on a la quasi-totalité de l'humanité souffrante. Ainsi compris, le diabète est la maladie la plus répandue du monde.

Et ces chiffres sont provisoires, car tous montent. En France, l'obésité des adultes a doublé depuis la fin des années 1990. Le diabète a gagné 20 % en dix ans. Le nombre de nouveaux cancers a doublé depuis 1990. Le nombre de malades d'Alzheimer va presque doubler d'ici 2050. Ce sont des maladies qui prennent des proportions d'épidémie.

Un seul remède pour cinq maladies

Cinq maladies, une seule histoire : ce que nous faisons de notre essence. Et donc une seule solution, qui joue sur tous les facteurs à la fois.

Bouger plus et mieux, pour que les muscles rouvrent leurs portes et vident leurs bidons. Manger moins et mieux, pour ne pas inonder la maison de sucre. Réfléchir plus et mieux, en s'étonnant, pour que le muscle de la pensée travaille et que le sens donné à la vie protège le cerveau même quand il s'encombre.

En prévention, les chiffres sont déjà là. Un changement de mode de vie empêche plus de la moitié des diabètes de type 2 d'arriver, deux fois mieux que le médicament de référence. En France, quatre cancers sur dix sont liés à des facteurs qu'on peut changer. Près de la moitié des démences, 45 %, pourraient être évitées ou retardées. Et la plupart des infarctus et des accidents vasculaires avant l'âge aussi. Appliquée à grande échelle, cette solution devrait régler l'épidémie.

Pour soigner une maladie déjà installée, c'est une autre histoire. Mais là aussi, la médecine encourage sans hésiter dans cette direction. Ce que nous mettons dans l'assiette, dans nos jambes et dans notre tête n'est pas un détail. C'est le traitement.

Albert Alain Abraham Abehsera

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