Voie Histoire

Les dictatures contemporaines comme exercices monarchie/anarchie

Le vrai couple politique fondateur n'est pas droite/gauche ni démocratie/dictature. C'est monarchie et anarchie. Cet article introduit le graalomètre, un instrument qui mesure les sociétés politiques et propose le soin, et l'applique aux dictatures contemporaines — Chine, Corée du Nord, Libye, Irak, Syrie — pour poser une question difficile : qu'est-ce qui vient après un dictateur qu'on fait tomber ?

Un couple fondateur

La politique, telle que le Graaal la voit, ne tourne pas autour du couple droite/gauche, ni autour du couple démocratie/dictature. Elle tourne autour d'un couple bien plus ancien et bien plus simple : monarchie et anarchie.

L'anarchie, ici, n'est pas le foutoir. C'est l'absence radicale de patron. La liberté de soi et de ses gestes. C'est le projet de tout être humain normalement constitué — nul ne rêve, au réveil, d'être commandé.

Sauf qu'en société, ce projet devient impossible dès qu'on est plus d'un. Les anarchies individuelles se cognent les unes aux autres. Il faut quelque chose ou quelqu'un pour que ces anarchies restent viables ensemble. C'est la fonction du monarque.

Le monarque est le garant de l'anarchie.

Il faut retenir ce renversement, parce qu'il tient tout le reste. Le monarque n'est pas l'ennemi de la liberté, il en est la condition. Sans lui, l'anarchie de chacun est instantanément menacée par l'ambition d'un autre.

Prenons une société anarchique de mille personnes. Chacun libre, personne ne commande personne. Il suffit d'un individu avec dix voyous qui lui obéissent aveuglément — un petit îlot d'autoritarisme dans le groupe — pour qu'il prenne le pouvoir et gouverne des années. Le calcul est mécanique. Onze contre neuf cent quatre-vingt-neuf isolés, ce sont les onze qui gagnent.

Un ministre du général de Gaulle l'avait résumé d'une phrase remarquable : « L'avantage de la monarchie, c'est que la première place est prise. »

Tout est dedans. Si la première place est prise, elle n'est plus à prendre. L'ambitieux qui rêverait de commander sait qu'il ne pourra pas monter sur ce siège, parce qu'il est occupé — et occupé de manière non contestable, par un droit qui vient du passé, que personne ne peut sérieusement démonter.

Trois manières d'occuper la première place

Le cas le plus lisible est celui des monarchies parlementaires du Nord de l'Europe. En Hollande, au Danemark, en Angleterre, le roi ou la reine a une fonction principale : occuper la première place. C'est tout, et c'est énorme. On ne lui demande pas d'être compétent en politique. On lui demande d'être là. Il peut être malade, en fauteuil roulant, ne rien faire pendant tout son règne — cela n'a pas d'importance. Sa fonction est passive : il occupe la place, et par là il l'empêche. Si le suivant va mieux et peut reprendre les inaugurations, tant mieux.

La politique proprement dite est faite par le numéro deux, le chef du gouvernement, qui est élu. Lui, on lui demande d'être efficace, pas légitime. Compétent. Renvoyable du jour au lendemain. Regardez l'Angleterre et sa valse récente de premiers ministres qui tombent en vingt-quatre heures — et le suivant se présente au monarque quelques jours plus tard, la boutique n'a pas vacillé.

Ces exemples européens sont beaux, mais insuffisants. L'anarchie qu'ils protègent est loin de celle que le Graaal appelle Anarchie, avec un grand A. Elle contient encore beaucoup d'anarchie petit a — inégalités, désordres, injustices. Elle fonctionne, elle est stable, mais elle n'est pas l'idéal.

Autre manière d'occuper la place, sans roi visible : la Chine. L'empereur est tombé il y a longtemps. Et pourtant, la première place y est prise, et bien prise. Elle est prise par le Parti. Xi Jinping ne l'occupe pas en son nom propre : il l'incarne. Ce n'est pas lui, le monarque, c'est le Parti dont il est le visage.

Cette grille dissout le paradoxe qui a longtemps intrigué les observateurs occidentaux : comment la Chine peut-elle être communiste en idéologie et capitaliste en fonctionnement sans exploser ? La réponse est simple si l'on regarde par le bon couple. Le Parti est le monarque. Le peuple, du plus humble fonctionnaire au plus grand milliardaire, est l'anarchie. Et chacun doit connaître sa place.

Le peuple est surveillé par des caméras et par un carnet de suivi, bons points et mauvais points, distribués par le Parti. Les milliardaires, eux, ont d'abord cru qu'on allait les écouter, comme partout ailleurs dans le monde où la bourgeoisie enrichie exige tôt ou tard sa part du gâteau politique. Le Parti leur a fait comprendre, gentiment puis franchement, que la première place n'était pas à partager. Ceux qui ont exprimé la moindre opinion à propos du numéro un — que ce soit le personnage ou le Parti, c'est la même chose — se sont retrouvés en prison avec pour seule possession leurs sous-vêtements, une chemise et un pantalon. Des fondateurs de compagnies gigantesques ont disparu quelques semaines et sont revenus considérablement plus discrets.

Et le pays tient. Il tient très bien.

Il en va de même en Corée du Nord, en Russie, chaque pays à sa manière. Ces pays sont peut-être malheureux — qui sait qui est heureux ou pas — mais ils fonctionnent, et on ne s'y fait pas tirer dessus par des snipers en allant faire ses courses.

Troisième manière, la mauvaise : la place n'est prise par personne, ou par plusieurs, ou par un système qui ne devrait normalement pas la prendre. Il y a des pays, aujourd'hui, qui vivent dans un état d'anarchie presque complète. On y parle vaguement de gouvernement, il y a parfois des parlements, mais on n'y distingue plus d'ordre. Les reportages qui nous en parviennent sont des catalogues de désastres difficiles à imaginer à distance. Corruption à un niveau phénoménal, pas d'accès aux soins, pas d'éducation, la jungle presque totale, et sauf pour quelques privilégiés, chaque vie est un drame.

L'Occident recense ces endroits dans ses journaux, s'en désole, propose peu. On n'envoie plus son armée défendre la veuve et l'orphelin — on s'en lave les mains, tout en continuant à acheter le pétrole et le plastique qui sortent de ces zones.

La Somalie, le Yémen, le Soudan. La Libye, l'Irak. Pas de première place solidement occupée, ou alors partagée à plusieurs, ou encore occupée par un système qui ne devrait normalement pas la prendre — l'Iran, dont la tradition millénaire n'autorisait pas qu'un prêtre soit le numéro un.

La caractéristique de ces pays est le malheur de la population, à un point difficile à concevoir. Que peut-on imaginer de pire que la vie d'un enfant à El-Fasher ou d'une jeune fille à Sanaa ?

Or ces pays avaient un monarque. Et leur malheur actuel date précisément du jour où ce monarque est tombé — sous les cris de joie du peuple, ce même peuple qui pleure aujourd'hui tous les jours.

Le graalomètre

Il faut ici sortir l'instrument. Le graalomètre est le thermomètre du Graaal, à mesurer les sociétés politiques. Il ne se contente pas de mesurer : il propose le soin. Il repère où l'on est, et il dit vers quoi tendre.

Son échelle est simple.

L'idéal, à 9 sur 10, est Camelot. Le Roi Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde. Le Monarque et les Anarques, avec majuscules — un roi qui garde la place, des chevaliers strictement égaux entre eux, strictement indépendants, mais capables de se fédérer immédiatement sous la bannière du roi quand un voyou vient menacer l'équilibre. Un peuple heureux, un roi heureux, chacun vaquant à ses occupations, aucun ne gênant l'autre — selon l'antique principe que ma liberté s'arrête là où commence celle de l'autre. Je peux, au nom de l'anarchie, fumer à ma fenêtre, mais je fais attention, au nom de l'Anarchie, à ne pas gêner mon voisin du dessus qui ne supporte pas l'odeur du tabac. Aussi simple que cela. Pourquoi pas 10 sur 10 ? Parce que rien n'est parfait, et que tout peut être amélioré.

Puis toute l'échelle descend.

Les pays scandinaves, la Hollande, l'Angleterre se situent quelque part en haut, entre 6 et 7. Le monarque est en place, la compétence gouverne. L'Anarchie n'est pas pleinement là, il reste beaucoup d'anarchie petit a — mais la structure est saine.

La Chine, la Russie, la Corée du Nord occupent des positions plus bizarres à noter, parce que la monarchie y est forte mais la liberté individuelle basse. On peut leur donner 5 ou 6 — la première place est solidement occupée, le pays fonctionne, mais l'anarchie individuelle est étouffée, ce qui n'est pas l'idéal du couple.

En bas, à 1 sur 10, on trouve Mad Max. Le désert, quelques chefs de bande, aucun bonheur individuel, la survie pure.

À 2 sur 10, on trouve les pays cités plus haut : Somalie, Yémen, Soudan, Libye, Irak. Un gouvernement existe encore sur le papier, assure un minuscule minimum de services et de protection, mais l'essentiel est le chaos, la corruption, la violence sans loi.

Cette échelle permet de poser une question difficile.

Ce que dit le graalomètre sur Sadam et Khadafi

Notre génération a bien connu deux monarques de ce genre : Sadam Hussein en Irak et Muammar Khadafi en Libye. Le mot dictature, dans les journaux d'Occident, sonne à peu près comme le Satan incarné — Hitler, Mussolini, Franco d'abord, puis, un peu moins franchement, Staline et Mao à qui on a trouvé quelques charmes.

L'Occident a tout fait pour faire tomber Sadam et Khadafi, et il les a tués. Leur mort est une honte pour le droit et les droits de l'homme. C'étaient des chefs d'État, et ce sont des chefs d'État occidentaux qui les ont personnellement condamnés à mort, avant de trouver le moyen de les faire tuer par la foule. On ne se tue pas entre chefs d'État. Cela ne se fait plus, quand on prétend incarner le Droit chez soi et dans le monde.

La justification fut abondante. Systèmes politiques corrompus. Torture. Prisons pleines sans procès. Presse muselée. Fabrication d'armes strictement interdites — dont sont pourtant équipées toutes les armées occidentales sérieuses. Népotisme, avec les postes réservés à la famille, aux enfants, aux cousins du même village. Tout cela s'ajoutait à une somme de Mal absolu qu'on appelle une dictature — c'est-à-dire, dans la langue occidentale, un système dépourvu de tout bien. Peu importe les autoroutes allemandes ou les lois sociales italiennes : c'était tout mauvais parce qu'ils ont fait du mauvais ailleurs.

Ce fut le même jugement pour Khadafi et Sadam. Rien de bon. Il fallait les faire tomber. On les a chassés comme des lapins jusque dans leur dernier terrier. Pendu l'un, tué l'autre après l'avoir torturé. Le monde occidental a célébré leur chute comme une mesure d'hygiène politique. Personne ne les regrette.

Enfin, si.

Sortons l'instrument. Comment était la Libye sous Khadafi ? L'Irak sous Sadam ? Rien à voir. C'était, selon presque tous les paramètres mesurables, le paradis comparé à aujourd'hui. En Libye, les soins et l'éducation étaient gratuits et de bonne qualité. En Irak, le gouvernement fonctionnait. Il y avait de la corruption, du népotisme, de la torture, oui — mais sans commune mesure avec ce qui est venu après. La corruption y est aujourd'hui de plusieurs ordres de grandeur plus grande. L'administration a presque disparu. On est à 2 sur 10.

Les mille torturés sous Khadafi ont laissé place à des dizaines de milliers de morts — de guerre civile, de maladie, de barrages qui s'effondrent faute d'un gouvernement central pour les entretenir. L'Irak est ravagé par une sécheresse sans précédent qui entraîne des maladies qu'aucun autre pays ne connaît, parce qu'aucun gouvernement irakien fort n'est là pour affirmer ses droits sur l'Euphrate et le Tigre.

On peut le dire calmement : c'était mieux avant.

Il y a un humour amer à mesurer ce que l'Occident a mobilisé pour arriver là. Des armées, des bombes, des coalitions, des tribunaux internationaux, des budgets colossaux — tout cela au nom de la liberté d'écrire dans un journal libre. Et à l'arrivée, plus d'école, plus d'hôpital, plus de barrage, plus de vaccination, et pas de journal libre non plus, faute d'électricité pour l'imprimer. On a payé cher pour ce résultat.

Qui va aujourd'hui raconter à un Soudanais que c'est mieux au Soudan depuis qu'Omar el-Béchir est tombé ? Quand il était en place, les enfants de Khartoum pouvaient jouer au foot dans les terrains vagues du quartier et rentrer le soir. Cela n'existe plus. Le dictateur est tombé — c'est l'essentiel.

Cette caricature force le trait, exprès. L'équilibre entre monarchie et anarchie n'est pas une affaire de mots. Les dictatures de Sadam et de Khadafi contenaient des graines d'inégalité insupportables pour l'idéal politique que le Graaal vise. Il faut le reconnaître.

Mais il faut aussi apprendre d'elles quelque chose de crucial.

Le miroir : où est la police

Le couple monarchie/anarchie, avec minuscules, est l'image en miroir du couple idéal Monarchie/Anarchie, avec majuscules. C'est la même structure, vue à l'endroit ou à l'envers, selon un critère unique : où est la police.

L'être humain qui a développé en lui la qualité d'Anarque a intériorisé la police. Il n'a pas besoin d'un gendarme pour savoir que son voisin ne veut pas de bruit à trois heures du matin. Il le sait. Il règle. Il s'arrange. Une société d'Anarques n'a besoin ni de juges ni de policiers, parce que chacun a le sien à l'intérieur de lui. Quand il faut arbitrer, on va voir l'arbitre, consenti par les deux parties. Le Monarque est l'arbitre des arbitres.

L'être humain qui n'a pas développé cette police intérieure a besoin d'une police extérieure. Beaucoup de police extérieure. Beaucoup de juges. Beaucoup de règles. Et pour que tout cela tienne, il faut aussi un monarque unique, un vrai chef, capable de commander à cette police et à ces juges. Sans quoi chaque coin de rue devient son propre tribunal, et chaque bande sa propre armée.

Sadam et Khadafi incarnaient monarchie/anarchie, minuscules. Leur gouvernement était bien moins létal que ce qui est apparu après leur chute, où ceux qui sortaient de prison, ceux qui avaient voulu les faire tomber, sont devenus les petits monarques de leurs fiefs — comme les seigneurs de la guerre en Chine après la chute de l'empire.

Le cas Bachar

Un cas intéressant pour affiner l'instrument est celui de Bachar el-Assad, tombé fin 2024.

À première vue, il fait exception. Sa chute n'a pas produit le désastre absolu qu'on aurait attendu. Un nouveau pouvoir s'est installé à Damas, autour d'al-Sharaa, et il essaie même, semble-t-il, de faire fonctionner la boutique — mieux que ne le faisait Bachar dans ses dernières années. Personne ne raconte que sous Bachar les écoles et les hôpitaux fonctionnaient mieux qu'aujourd'hui.

L'explication tient à une date : 2011. Depuis 2011, Bachar n'était plus le monarque de la Syrie. Il était l'un des seigneurs de guerre du pays, celui qui tenait Damas, la côte alaouite et un morceau du centre. Le reste appartenait à Daech, aux Kurdes, aux factions pro-turques, à HTS à Idlib. Pendant treize ans, la Syrie était déjà Mad Max, avec plusieurs petits monarques dont Bachar était simplement le plus visible et le mieux photographié.

Sadam en 2003 tenait tout l'Irak. Khadafi en 2011 tenait toute la Libye. Leur chute a fait passer leur pays d'une monarchie petit m fonctionnelle à la fragmentation en vingt seigneurs de guerre. C'est ce basculement qui fait chuter le score du graalomètre. Bachar en décembre 2024 ne tenait déjà plus qu'un tiers du pays. Le basculement avait été fait par la guerre civile, sur treize ans. Sa chute n'a pas créé le chaos, elle a permis quelque chose que ni Sadam ni Khadafi n'ont autorisé : la consolidation d'un des seigneurs de guerre en monarque unique de remplacement.

Les autorisations dont on parle — la Turquie qui pousse, la Russie qui lâche, l'Iran qui ne peut plus soutenir — n'ont fait tomber que ce qui restait d'un monarque qui n'en était plus un. La vraie chute de Bachar, c'est 2011, pas 2024.

Reste à voir si al-Sharaa va reconstruire une monarchie petit m à la Khadafi — écoles, hôpitaux, barrages — ou seulement tenir la première place en laissant Mad Max en dessous. Le graalomètre nous le dira dans quelques années. C'est le vrai test : le couple monarchie/anarchie peut-il se reconstruire une fois qu'il est cassé, ou seulement se transmettre quand il est encore intact ?

Éduquer à l'Anarchie

Une leçon traverse toutes ces observations, et le graalomètre la rend visible.

Ce qui compte le plus n'est pas la forme du régime. C'est le développement, chez chaque personne, de la police intérieure. L'éducation à l'Anarchie. Et cette éducation, contre-intuitivement peut-être, passe par le développement de l'obéissance.

Comme les Chevaliers de la Table Ronde, il faut savoir reconnaître quand obéir. Obéir au Roi et au passé qu'il représente, à l'intérêt général qu'il incarne, parce qu'il est le bouclier contre l'anarchie petit a. Obéir aussi à plus compétent que soi — se taire quand un menuisier parle et qu'on veut clouer deux planches. C'est ce mélange qui fait la légitimité, et c'est ce mélange qui produit l'Anarque.

Le peuple qui n'a pas cette éducation est redoutable. On l'a vu quand des foules ont renversé les statues de Sadam, tiré sur les portraits de Khadafi, célébré sa mort atroce. Tous dans la rue pour applaudir la chute de celui qui faisait tourner les hôpitaux, les écoles, et versait des retraites aux vieux. La fête terminée, le vrai cauchemar commençait, et il continue à ce jour.

On l'a vu en Iran. En 1979, 98 % ont voté contre le Shah, criant qu'on le tue. Aujourd'hui, environ 70 % de ces mêmes 98 % crient le contraire.

L'anarchie petit a est aussi redoutable que la monarchie petit m. Ce sont deux visages du même défaut : la place n'est pas prise comme il faut. Trop faiblement dans un cas, trop autoritairement dans l'autre. Entre les deux, un chemin étroit — le nôtre, celui du Graaal.

Camelot comme projet

L'humanité a forgé sa légende dans le passé. Arthur et Camelot. Le Monarque et les Anarques. C'est cette légende qu'il faut aujourd'hui réaliser.

Nous ne sommes ni tout à fait à Camelot, ni tout à fait à Mad Max. Nous sommes entre les deux, sur toute l'échelle du graalomètre, chaque pays à sa position, chaque personne à la sienne aussi — car la police intérieure se cultive individuellement autant que collectivement.

Le graalomètre ne juge pas. Il mesure. Et il propose. Il rappelle que la première place doit être prise, mais bien prise. Il rappelle que l'Anarchie individuelle a besoin de la Monarchie collective pour ne pas s'effondrer. Il rappelle que l'éducation de chacun à l'obéissance juste — obéir à la légitimité, à la compétence, et à personne d'autre — est la vraie condition d'une société libre.

C'est un travail long. C'est aussi le seul qui vaille. Camelot n'est pas un souvenir. C'est un objectif.