Voie 4 · Revoir l'Histoire

Pétition adressée à Son Altesse Impériale le Prince Reza Pahlavi

Pour une transition pacifique et une réconciliation nationale en Iran
GRaAaL · Automne 2026

Votre Altesse,

En votre qualité d’héritier légitime du trône d’Iran, dans une continuité historique qui remonte, à travers les dynasties qui se sont succédé, jusqu’à la Perse de Cyrus le Grand ;

Devant la situation dramatique du peuple iranien, sur les plans social, économique et moral, ainsi que la dégradation de l’accès aux soins et à l’éducation ;

Devant la haine accumulée entre les citoyens iraniens de croyances différentes au cours des dernières années ;

Devant la pression étrangère qui asphyxie le peuple iranien et ne montre aucun signe d’atténuation ;

Devant la possibilité d’une nouvelle explosion sociale qui pourrait provoquer des dizaines de milliers de morts, voire davantage, et ajouter encore de la haine à celle qui existe déjà ;

Devant l’irresponsabilité des appels demandant simplement au régime de partir, comme si l’on pouvait quitter un État comme on quitte une salle, sans prévoir ce qui lui succéderait ;

Devant l’absence actuelle d’une alternative crédible et consensuelle, et sachant que la chute d’un régime sans relève préparée peut conduire au chaos et à la guerre civile ;

Devant la nécessité absolue d’une transition qui n’aboutisse pas à la persécution des tenants du pouvoir actuel, des religieux, des militaires, des policiers et de tous ceux qui pourraient être entraînés dans une spirale de vengeance ;

Sachant que l’esprit de vengeance attend l’occasion de se déchaîner et pourrait provoquer pour l’Iran un mal encore plus destructeur que celui qu’il a déjà connu ;

Devant enfin le fait que vous êtes le seul personnage politique iranien disposant d’une légitimité historique susceptible de se placer au-dessus des partis, des confessions et des factions, et de garantir que la transition puisse se faire dans le respect de la Loi et de tous les Iraniens ;

Devant également le fait qu’à de multiples reprises, vous avez vous-même proposé de jouer un rôle permettant d’organiser la transition et de rendre au peuple iranien la possibilité de décider librement de son avenir ;

Nous vous demandons solennellement, Votre Altesse,

de lancer au peuple iranien un appel formel déclarant votre volonté d’assumer ce rôle d’arbitre et de rassembleur, rôle qui sied à un Shah et qui implique d’être le Shah de tous les Iraniens, quelle que soit leur confession ou leur appartenance politique.

Nous vous demandons également de transmettre personnellement cet appel, par lettre publique, à Son Excellence le Dr Masoud Pezeshkian, Président de la République islamique d’Iran.

Dans l’esprit de la paix que nous souhaitons voir revenir en Iran dans les plus brefs délais, nous vous demandons de proposer, dès l’ouverture de cette transition, une amnistie générale et un pardon mutuel pour les faits commis dans le contexte des affrontements politiques et militaires des années précédentes, afin que la vengeance ne devienne pas le moteur du nouvel Iran.

Une période de deux années devra être instituée afin de permettre au pays de se reconstruire dans la paix.

Durant cette période, aucune procédure judiciaire ne pourra être engagée contre les membres des forces armées, paramilitaires, policières ou judiciaires de l'ancien régime pour les faits couverts par l'amnistie. Aucune vengeance personnelle ne sera tolérée, et leur sécurité ainsi que celle de leurs familles devront être garanties par l'État.

Cette période devra également leur laisser une possibilité claire de quitter librement le territoire iranien, s'ils estiment que leur sécurité ou leur conscience leur commande de le faire.

Ces deux années ne signifieront pas l’oubli. Elles seront un temps de paix et de reconstruction, destiné à empêcher que la chute d’un régime ne se transforme en guerre civile et en règlement de comptes généralisé.

Au terme de cette période pourra s’ouvrir un processus de justice transitionnelle, inspiré notamment de l’expérience sud-africaine : les victimes pourront témoigner, les responsables pourront reconnaître les faits commis, les familles pourront être entendues et la société pourra regarder son passé en face. Aucune peine de prison ne pourra être prononcée à l’issue de ces confrontations. Cette justice restorative devra avoir pour objectif premier de mettre fin au cycle de la violence, plutôt que de l’entretenir.

La garantie d’une amnistie permettra aux membres des forces actuellement au pouvoir de déposer leurs armes sans avoir le sentiment de signer leur propre arrêt de mort.

L’amnistie devra s'accompagner d’un désarmement des corps paramilitaires et parapoliciers et de leur intégration, lorsque cela sera possible, dans l’Armée et la Police régulières, ainsi que du retour de l’autorité judiciaire aux institutions régulières de l’État.

Aucune vengeance personnelle ne devra ensuite être tolérée sur le sol iranien.

C’est dans ce cadre que pourra être organisée une consultation populaire libre sur l’avenir politique de l’Iran.

C’est également dans ce cadre que pourra être négociée la levée progressive des sanctions économiques qui frappent aujourd’hui le peuple iranien.

Quant au dossier nucléaire, l’Iran devra pouvoir défendre sa sécurité et ses intérêts nationaux dans le cadre d’une négociation régionale visant, à terme, à une dénucléarisation de l’ensemble des pays du Moyen-Orient, y compris Israël.

Votre Altesse,

l’Iran possède une spiritualité d’une richesse exceptionnelle, qui va de ses racines zoroastriennes au chiisme, en passant par toutes les contributions que cette terre a apportées au judaïsme, au christianisme et à l’islam.

Nous vous demandons de devenir le gardien de cette pluralité et de cette tolérance.

Le Shah ne saurait être le représentant d’une confession contre une autre. Il doit être le garant de la coexistence de toutes.

L’Iran doit pouvoir retrouver ce qui fut l’une de ses grandes forces au cours de ses âges d’or : la capacité à faire vivre ensemble des croyances, des peuples et des traditions différentes sous une même protection.

Votre Altesse,

Le monde attend aujourd’hui de vous et du Président Pezeshkian un geste commun. Comme naguère en Afrique du Sud, lorsque Nelson Mandela et Frederik de Klerk comprirent qu’un pays déchiré par la haine ne pouvait être sauvé que par la réconciliation de ses ennemis.

L’Iran a besoin de ce geste.

Il a besoin que ceux qui ont souffert et ceux qui ont peur puissent, ensemble, regarder vers l’avenir. Il a besoin d’un arbitre qui ne soit pas le chef d’un camp. Il a besoin d’un Shah qui soit le Shah de tous les Iraniens.

Nous vous supplions d’assumer ce rôle.

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