L'Effet Babel : ce que font les choses influence la manière dont on les nomme. Deux langues séparées depuis des millénaires définissent le même objet, mais avec une couleur différente.
Les langues contiennent de nombreux mots qui ont un son proche, mais pas le même sens. On les appelle des homonymes quand ils sont exacts, et des homophones quand ils sont proches. Cette proximité du son est considérée comme le fruit d'une coïncidence. Les mots évoluent dans le temps, et au cours de cette évolution, peuvent prendre la même forme.
L'aventure racontée ici commence avec deux homophones en français : mèche et méchant. Un cas typique. Deux mots aux origines très différentes, qui à un moment gravitent vers le même son, centré sur « méch ». Une coïncidence ?
Ce qui est curieux, c'est qu'en anglais comme en allemand, le même jeu de mots se fabrique, à nouveau à partir de racines complètement différentes. Wick est la mèche et wicked est le méchant.
C'est une double coïncidence. Elle forme ce que j'ai appelé ici l'effet Babel, qu'on peut écrire sous la forme suivante — quatre mots fermant un carré :
Est-ce que cette coïncidence a un sens ? C'est ce que nous proposons de découvrir.
Et un champ immense s'ouvre alors : et si toutes les coïncidences — en tout cas celles qui se répètent — avaient un sens ?
Le récit de la découverte en 1983, la méthode complète des unités carrées, et le champ français / anglais / hébreu déployé sur un seul couple. Du muscle à PTahiL, du cordon ombilical à l'aiguillage d'Ahriman.
La méthode appliquée au chinois : le clou, le cœur-mèche, le feu intérieur. Puis la triangulation des trois langues sur le thorax humain, et une hypothèse pour rendre compte du phénomène : le Virtuel sémantique.
Une histoire de Saint Jacques et la coquille Saint-Jacques. Trois coquillages, trois noms, trois physiques — et un réseau de chemins qui dessine la forme même de ce qu'on ramasse au bout.