Pour finir, je voudrais revenir sur les pays où cette histoire s'est jouée, mais sous un autre angle. Pas ce que les États savaient, on l'a vu. Ce que les gens ont cru, et comment on leur a retiré leur croyance.
Commençons par la Hollande. C'est là qu'il meurt, et c'est un pays de certitude. Il y est reconnu deux fois. Comme professionnel d'abord : un artilleur dont les inventions étonnent l'état-major, et dont l'obus servira dans l'armée hollandaise jusqu'à la fin du siècle. Et comme Louis XVII ensuite : l'acte de décès, la tombe, le nom de Bourbon accordé à ses enfants. En Hollande, on n'a pas discuté l'énigme. On l'a enterrée sous son vrai nom.
J'ai trouvé récemment un témoignage qui le dit à sa manière. En 1951, une romancière hollandaise raconte que sa grand-mère avait connu Naundorff à Delft. Elle en avait été très impressionnée : à soixante ans, l'âge qu'aurait eu Louis XVII, il était encore un homme séduisant. Et après sa mort, c'était de notoriété publique à Delft : c'était le Dauphin. En Hollande, aucun doute.
L'Allemagne, c'est autre chose. C'est le pays de l'ombre. Naundorff y a vécu vingt ans avant de partir, et c'est là qu'est paru, en 1928, ce que je tiens pour le meilleur livre jamais écrit sur l'affaire. Il est d'un historien allemand, Hans Roger Madol, et il s'intitule en français Le Roi de l'ombre. Je l'ai lu en français. Il est massivement naundorffiste, sans hésitation. Et il n'est pas isolé : il est typique de la littérature allemande de l'époque. Quand on regarde les livres et les articles parus sur l'affaire, en Allemagne comme en Hollande, jusqu'au début des années 2000, la sympathie domine très largement. On tend à y croire.
Mais l'Allemagne a aussi l'autre moitié de l'affaire : la Comtesse des Ténèbres. Encore une histoire d'ombre. Pour nous, Français, c'est lointain. Pour les Allemands, et surtout dans la région où elle a vécu, c'était une énigme nationale, une affaire très vivante. Plus vivante même que Naundorff, qui avait quitté le pays et qui était mort ailleurs. Elle, elle est restée des dizaines d'années sur place, sous les yeux de tous, sans que personne voie jamais son visage. C'était un scandale, au sens premier du mot : une pierre sur laquelle on trébuche. Une société s'était constituée pour élucider l'affaire, qui publiait régulièrement ses travaux. Et toute la littérature allemande arrivait à la même conclusion : la seule solution, c'est la fille de Louis XVI.
Voilà donc deux pays voisins. Dans l'un, Naundorff était Louis XVII. Dans l'autre, la Comtesse des Ténèbres était sa sœur, la princesse royale, Marie-Thérèse. Deux pays où ces deux enfants ont passé une grande partie de leur vie, et deux convictions qui se répondaient.
Puis sont venues deux analyses génétiques, et elles ont tué les deux affaires, net.
La première, c'est la nôtre, celle du cœur, en 2004. Depuis, on la retrouve partout, jusque dans les textes allemands et hollandais. Les notices sur Naundorff y ont fondu. Pourquoi s'étendre sur un homme qui est forcément devenu un imposteur ?
La seconde est allemande. Autour de 2013, on ouvre la tombe de la Comtesse, on prélève de l'ADN sur le squelette, et le résultat est négatif : aucun lien avec la famille de Marie-Antoinette. L'affaire meurt très vite. L'Allemagne se réveille un matin sans son énigme favorite. L'Autriche, elle, a gardé Mayerling — le drame du prince héritier, mort dans des circonstances jamais élucidées. Nous avons gardé le Masque de fer. Mais ces deux énigmes-là, qui avaient nourri une littérature phénoménale, ont été tuées.
Ce n'est que partie remise. Et c'est une belle leçon sur la manière dont on peut se servir de la science de façon radicalement non scientifique.
Reprenons le cœur. Quand on analyse un échantillon, la première question, c'est : d'où vient-il ? Le contexte du prélèvement fait partie de l'analyse. Or, sur ce cœur, qu'est-ce qu'on sait avec certitude ? On sait que le fils aîné de Louis XVI, Louis-Joseph, est mort en 1789, que son cœur a été prélevé selon la coutume, et qu'il se trouvait à Paris au moment de la Révolution. On ne sait pas, en revanche, que le second fils, Louis-Charles, est mort au Temple, ni que c'est sur son corps qu'on a prélevé un cœur. On sait même plutôt le contraire : l'enfant mort ne lui ressemblait pas, et le cercueil comme le squelette étaient bien trop grands. L'analyse dit : c'est le cœur d'un fils de Marie-Antoinette. Elle ne dit pas lequel. La génétique établit la lignée. L'identité précise, elle, dépend de l'histoire de la relique, et cette histoire ne tient pas. La première analyse ne tranche donc pas.
Pour la Comtesse, la question est la même, et quelques journalistes allemands ont eu le bon sens de la poser : comment sait-on que le corps qui est dans le cercueil est bien le sien ? Il faut être extrêmement naïf pour croire que son gardien, Van der Valck, qui lui avait sacrifié toute sa vie, serait parti de la région en la laissant seule dans un cercueil, sans protection. Une proie évidente pour tous ceux qui voulaient savoir, ou tout simplement pour ceux qui espéraient y trouver des bijoux. Dès sa mort, des gens venaient s'informer, rôder autour de la tombe. Je pense, et je ne suis pas le seul, qu'il a substitué le corps au bon moment, avant de partir. On raconte que cela s'est fait avec l'accord des ducs, ce qui serait bien la moindre des choses, vu leur rôle de protecteurs. Et que la vraie Comtesse, Marie-Thérèse, repose en paix dans les souterrains qui mènent au château ducal.
Il faut dire un mot de cette exhumation. Ce n'est pas une enquête scientifique au départ. C'est un projet de télévision, lancé par une chaîne régionale à la demande de l'association locale. Les habitants s'y sont opposés, ils ont signé des pétitions, ils ont voté contre, mais il manquait le quorum. On a donc ouvert la tombe en 2013. Or elle avait déjà été ouverte en 1891, parce qu'une rumeur disait qu'on y avait enterré un homme. On avait alors sorti les os, examiné le crâne, et on a retrouvé les deux fémurs à l'envers, tournés sur eux-mêmes. En 2014, le visage reconstitué à partir du crâne était si dur et si androgyne que certains se sont demandé, à nouveau, si ce n'était pas un homme. Et l'ADN n'a correspondu à personne, à aucune base de données connue. On m'objectera que ce squelette avait une parodontite très avancée, et que la Comtesse souffrait des dents à la fin de sa vie. Mais à soixante ans, à cette époque, la parodontite était d'une banalité absolue. Élisabeth Ire d'Angleterre, Louis XIV en avaient. Une personne âgée sur deux, peut-être. Cela ne désigne personne. Quant à la solution que privilégie aujourd'hui l'association, une bourgeoise nommée Sophie Botta, parce qu'on a retrouvé la trace d'un marchand Botta de passage à Hildburghausen, elle complique tout au lieu de simplifier. Un marchand a peut-être laissé son nom. Rien de plus. Qui aurait financé ce train de vie jusqu'en 1837 ? Qui aurait obtenu la protection de deux maisons ducales ? Et qui aurait acheté le sacrifice d'une vie entière à un juriste, un diplomate, héritier d'une fortune ? Tout l'argent du monde n'aurait pas pu acheter cela. Bilan : on a dérangé une morte pour une émission de télévision, dans une tombe déjà fouillée, sur des os déjà déplacés, et on n'a même pas su lui dire qui elle était. Elle aurait mérité qu'on la laisse dormir.
Il y a plus grave. Pour avoir un sens, cette analyse aurait dû être faite en même temps sur la duchesse d'Angoulême et sur la Comtesse des Ténèbres. L'une sans l'autre ne prouve strictement rien. Si la Comtesse n'est pas la fille de Marie-Antoinette, encore faut-il montrer que la duchesse l'est. On ne l'a pas fait. À mes yeux, cette analyse, présentée comme la fin de l'affaire, est un scandale anti-scientifique.
L'énigme complète, c'est donc Louis XVII et Marie-Thérèse, ensemble. Elle faisait l'unanimité dans deux pays voisins. Une analyse scientifique faite sans les précautions nécessaires ne l'a pas tuée. Elle l'a mise en veille, en attendant qu'on la reprenne.
Il y aurait une analyse simple à faire. On a retrouvé récemment des cheveux de la duchesse d'Angoulême, celle qui a vécu à Vienne puis à la cour de France sous le nom de Marie-Thérèse. Pour l'instant, ils sont inexploitables. Mais une seule analyse réussie suffirait.
Je pense souvent à cette pauvre femme. Si l'hypothèse est juste, elle a vécu l'enfer d'une substitution qu'on lui a imposée. Jouer Marie-Thérèse toute sa vie, pour une raison de très haute sécurité, parce que la vraie ne pouvait plus être montrée en public, ne pouvait plus vivre en société après ce qu'elle avait subi au Temple. Elle a tenu le rôle, avec plus ou moins de bonheur, en se trahissant ici et là. Par sa démarche, par ses goûts et ses dégoûts. Elle ne pouvait pas être Mousseline, la princesse qui adorait les animaux, qui jouait merveilleusement du piano, gracieuse comme sa mère et enjouée. On l'a décrite comme un soldat habillé en femme. Et il y a ce médecin qui la torturait, qui lui réclamait régulièrement des sommes folles, qu'elle payait toujours. Sans doute parce qu'il connaissait le secret.
Cette duchesse-là est enterrée en Slovénie, dans un monastère franciscain. À côté d'elle reposent le dernier roi de France en exercice, Charles X, comte d'Artois. Son fils, Louis XIX, duc d'Angoulême, qui a régné techniquement une vingtaine de minutes. Et le dernier roi de France en titre, Henri V, comte de Chambord. Je donne à dessein les deux titres, le titre royal et le titre de noblesse. Car si Naundorff était bien Louis XVII, ces quatre personnages s'appelaient en réalité : le comte d'Artois, frère de Louis XVI ; le duc d'Angoulême, neveu de Louis XVI ; le comte de Chambord, petit-neveu de Louis XVI ; et, très probablement, Ernestine Lambriquet, la fille de la femme de chambre, que Louis XVI et Marie-Antoinette avaient adoptée, et qui avait l'âge exact de Marie-Thérèse.
Tant que l'énigme n'est pas résolue dans sa totalité, il est hors de question de les ramener à Saint-Denis sous des noms qui ne sont peut-être pas les leurs. La Providence a donc bien fait les choses. Elle les a mis en attente, là-bas, loin, en Slovénie, le temps que l'Allemagne, la France et la Hollande règlent cette histoire avec de la bonne science et de la bonne histoire.
Il y a un dernier pays qui devrait être impliqué : les États-Unis.
On a souvent dit que les États-Unis avaient une dette historique envers la France. Sans elle, ils seraient sans doute devenus une sorte de Canada du Sud. Mais ce soutien n'est pas seulement celui de la France. C'est aussi le soutien personnel de Louis XVI, qui a payé en partie sur sa propre cassette, et qui a ruiné les finances de l'État. Il en est resté une dette énorme, qui compte parmi les causes de la Révolution. La Révolution lui a coûté la tête et a rendu son fils orphelin. L'enchaînement est direct. Les États-Unis ont donc une dette personnelle envers Louis XVI et sa famille. Je pense d'ailleurs que cette dette a joué un rôle dans l'exfiltration : l'Amérique aurait été le premier refuge de l'enfant à sa sortie du Temple, par les réseaux maçonniques, le temps que les choses se calment, avant le retour en Suisse.
Et pour l'avenir ? Ce que je voudrais voir l'Amérique faire, c'est un film. Un grand film, ou une série, peu importe. Qui raconte enfin cette histoire, parce qu'elle le mérite. Elle est étonnante à tous les points de vue, par l'intrigue comme par le sens incroyable qu'elle dégage. Un film de la Providence en action. Mais il faudrait qu'il soit complet, qu'il raconte les deux enfants du Temple, le frère et la sœur. Pas seulement l'un des deux.
Il reste un paradoxe, et c'est peut-être le plus important. Depuis qu'on la dit résolue par la génétique, l'énigme des enfants du Temple est devenue plus énigmatique que jamais. Si l'on veut parler comme un mathématicien, elle est passée au carré.
C'est l'effet d'une science orpheline, qu'on a privée de sa mère, l'histoire. La génétique raconte l'histoire biochimique de quelqu'un. Elle n'existe pas indépendamment de l'histoire tout court de cette même personne. Si l'on ne regardait que les gènes, on finirait par trouver que nous sommes à moitié des bananes, puisque nous partageons avec elles une bonne part de notre patrimoine génétique. Il y a un exemple plus parlant encore. Deux vrais jumeaux ont exactement le même ADN. La génétique est incapable de les distinguer. Il faut l'histoire pour savoir lequel est lequel. Et l'analyse de 2004 portait sur l'ADN que l'on hérite de sa mère, celui qui est le même chez tous les enfants d'une même femme. Pour cet ADN-là, Louis-Joseph et Louis-Charles sont des jumeaux.
Regardons ce que ces deux analyses affirment. La première dit : on a trouvé le cœur de Louis XVII, donc il est bien mort au Temple. La seconde dit : la femme enterrée en Allemagne sous le nom de Sophie Botta n'était pas la sœur de Louis XVII. Ce qui suppose que celle qui a vécu sous le nom de duchesse d'Angoulême, à la cour d'Autriche puis en France, était bien sa sœur. On prétend ainsi résoudre deux énigmes. En réalité, on en crée quatre.
Les deux premières, on les connaissait déjà, mais elles restent entières. Pour Louis XVII : comment la Révolution a-t-elle pu laisser croupir dans un cachot, gardé par deux cents soldats et une armée d'employés, l'otage le plus cher et le plus recherché d'Europe ? En veillant à ce qu'il soit mal nourri et qu'on ne change pas son linge ? Pour la duchesse d'Angoulême : comment Mousseline, la fille de Louis XVI, pleine de grâce, musicienne, est-elle devenue le soldat prussien qu'on voit à la cour d'Autriche ?
À ces deux-là s'ajoutent deux énigmes géantes, que la génétique a fabriquées de toutes pièces.
La première : qui était Naundorff, s'il n'était pas Louis XVII ? C'est une énigme intolérable. Après cent cinquante ans de statut incertain, cet homme devient soudain, en 2004, un imposteur certain, parce que la génétique lui a retiré sa seule identité possible. Mais comme imposteur, ça ne va pas du tout. Rien ne colle à l'étiquette. Il ne varie jamais dans son affirmation, du premier jour à sa mort. Ni dans sa vie de tous les jours, ni dans ses lettres, ni avec ses amis, ni avec ses ennemis, ni avec sa famille, ni sur son lit de mort. Jamais. Il se distingue de tous les autres faux dauphins, par son physique et par son comportement, qui étonnent tous ceux qui l'approchent. Il a la mémoire du dauphin. Il excelle de manière ahurissante dans tout ce qu'il touche, et surtout dans ce que faisait son père, dont il vénère la mémoire : horloger, forgeron, guérisseur, homme d'esprit. Quel imposteur aurait pu convaincre autant de gens, aussi longtemps ? Ce serait le premier cas de l'histoire, et il mériterait des traités entiers de psychologie. Personne ne les a écrits.
Et il y a la Hollande. Un pays, et son roi, qui ont tranché l'énigme à leur manière, la plus économique qui soit : Naundorff est Louis XVII. On parle toujours de la tombe, qu'on présente comme une petite erreur, ou comme un pied de nez à la France. Mais la tombe découle d'un acte d'état civil décidé sur le moment. Ce qui devrait vraiment nous faire réfléchir, c'est le contrat. Comment imaginer qu'un pays en pleine crise financière signe un contrat en or, pour développer des armes, essayées en public, avec un fou patenté, un imposteur évident, qui se promène sous le nom de duc de Normandie, qui appelle sa femme duchesse et ses enfants princes ? Un contrat qui engage le roi de Hollande, et sans doute, à travers lui, son cousin le roi de Prusse. Naundorff vit des mois en Hollande, reçoit son terrain, prépare ses expériences, et la mort le surprend. Mais la reconnaissance hollandaise continue sans interruption, jusque sur les tombes de ses enfants morts en Hollande. Peut-on encore appeler cela une énigme ?
Naundorff sans Louis XVII, c'est un homme dont chaque événement de la vie crie contre sa solitude. Une fois qu'on lui retire son titre royal, sa vie devient impossible. Elle n'a pas pu exister. Or elle a existé. On entre dans un paradoxe insoutenable.
La seconde énigme géante, c'est la Comtesse des Ténèbres. La génétique lui a fermé sa seule sortie. On a dit : ce n'était pas Marie-Thérèse, à partir de quelques restes pris dans une tombe allemande, une tombe qui ne portait qu'un nom évidemment faux, Sophie Botta. Un faux nom, et très probablement un faux corps. En décidant que Sophie Botta était Sophie Botta, et pas la princesse royale, on fabrique trente ans d'histoire à dormir debout. Une femme voilée qui voyage avec un diplomate, lequel lui sacrifie sa vie comme un moine. Personne, à l'époque, ne faisait cela pour une autre qu'une reine. Et le train de vie qui va avec. Avoir dit, au microscope, « ce n'est pas Marie-Thérèse », c'est créer l'énigme la plus énorme de l'histoire allemande : une princesse inconnue, qui mériterait des centaines de livres, puisqu'on lui a interdit sa solution naturelle.
Cela fait quatre énigmes. Deux désagréables, pleines de petites questions restées sans réponse : l'enfant du Temple et Mousseline. Deux insupportables : Naundorff et la Comtesse. C'est l'avantage paradoxal de ces tests génétiques : ils ont poussé le raisonnement jusqu'à l'absurde. Quatre histoires qu'on se murmurait comme des énigmes séparées deviennent une seule énigme, qui réclame sa solution simple. Un coup de rasoir d'Occam : Louis XVII est devenu Naundorff, Marie-Thérèse est devenue la Comtesse des Ténèbres. Et on passe de quatre énigmes à zéro. Pour moi, ce qui était plausible devient de très loin la solution la plus plausible. Je ne dis pas certaine : il manque encore le document ou l'analyse bien faite qui tranchera. Mais quatre personnages distincts, eux, deviennent l'hypothèse la moins plausible de toutes.
Je sais, au fond de moi, qu'un document ou une analyse génétique bien faite viendra un jour relancer toute l'histoire, et la résoudre. Ce jour-là, le cœur de la basilique, qui est lui aussi une énigme, retrouvera son identité. Celle de Louis-Joseph, le premier fils de Louis XVI, cet enfant magnifique, qui a mal vécu, surtout à la fin, et qu'on a mal enterré.
En disant tout cela, je m'aperçois d'une erreur que j'ai faite constamment depuis le début de ces podcasts. Pourquoi l'appeler Naundorff ? Ce ne fut qu'un nom de passage, un nom de code que lui avait donné la police prussienne. Neu-Dorf, le village neuf, en écho à Neuveville, la première ville où il s'était posé après le Temple. Pourquoi ne pas faire comme les Hollandais, et dire Charles-Louis de Bourbon ? Ou plus justement encore, Louis XVII. Car jusqu'à sa mort, du point de vue de la légitimité, il fut Louis XVII. Et Dieu merci, il a été enterré comme tel.
Quelle drôle de providence, d'ailleurs. Il voulait aller en Suisse. La France lui était interdite, il devait passer par la Hollande. Il y est resté, et il y est mort. Dans le seul pays d'Europe capable de lui rendre son nom.