Voie 3 · Contenus

Foi rationnelle et Rationalité croyante

Prendre l'idée au sérieux, ou cesser d'en prononcer le Nom. Nous lisons la Bible, l'Évangile, le Coran et le zoroastrisme comme des corpus d'universel et de raisonnable ; des milliards d'individus les ont suivis et les ont traités comme des textes dignes de respect, voire de sacrifice de soi. Autrement dit, l'existence de Dieu est l'affaire la plus sérieuse qui soit, et mérite le respect lorsqu'on évoque son Nom, ou ce qu'Il désire de ce monde.

Nous testons alors l'hypothèse de Dieu au sérieux, dans un domaine particulier, très actuel : celui de la guerre, menée en Son Nom. Nous allons tester comme on teste toute hypothèse — dans les conflits qui s'affichent comme essentiellement motivés par la volonté de Dieu. Nous verrons le résultat expérimental : le Dieu pris au sérieux dans les textes sacrés ne fonctionne pas de manière prédictible dans la guerre.

Nous en profiterons pour trouver une sortie inattendue au plus vieux paradoxe du monde : l'existence d'un Dieu Bon et du Mal. Le résultat est intéressant : selon la méthode utilisée, Dieu agirait plus contre la guerre que pour.

Ce qui nous ramène à notre axiome : une croyance en Dieu saine fait du bien à la santé. Malsaine, elle fait du mal — jusqu'à parsemer la terre de cadavres, que les hommes disent tués en Son nom. En fait, un prétexte pour tuer et s'approprier.

Article

L'alphabet raconte une histoire

De ABGD à QRST — le Père, le Fils, et le voile de la Parole

L'alphabet hébreu comporte 22 lettres et a transmis son ordre à tous les alphabets du monde écrits en lettres latines. Nous montrons ici que l'ordre des lettres a un sens. Les 4 premières forment plusieurs mots possibles, dont Je mentirai — curieux pour un début d'alphabet — et le Père du Destin. À l'autre bout, les 4 dernières lettres ont également plusieurs sens, dont tu mentiras, et un son particulier, QRST, qu'on peut lire Christ — celui que la tradition chrétienne a nommé Dieu le Fils. Drôle d'alphabet, qui traite la parole de mensonge et fait dialoguer le Père et le Fils autour de ce mensonge. L'alphabet hébreu est en réalité une autobiographie de Dieu.

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Et si l'on prenait Dieu au sérieux ?

Première partie

Pour une approche expérimentale du Divin — L'expérience des guerres

Une expérience à propos de Dieu, en première partie : le laboratoire des guerres — Russie-Ukraine, les conflits intra-musulmans, la guerre Iran-Israël. Les popes bénissent les tanks, les rabbins invoquent Elohim, les imams caressent les missiles au nom d'Allah. Résultat : aucune corrélation mesurable entre l'invocation du Nom et le succès militaire ; l'évocation de Dieu comme outil de victoire ou producteur d'un surplus de victimes est vaine. Mais l'effet observable existe : la Retenue — le delta entre la volonté humaine d'éradiquer en Son nom et le nombre de morts réels produits pendant le conflit. La proportion entre le nombre de drones et d'obus bénis pour tuer, et le nombre de victimes obtenues, est très inférieure à 1.

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Et si l'on prenait Dieu au sérieux ?

Deuxième partie

Pour une approche expérimentale du Divin — Réponse à Bayle, sortie zoroastrienne

On peut tuer au Nom de Dieu, mais pas avec l'aide de Dieu. Réponse à l'objection classique de Pierre Bayle contre le panthéisme spinoziste, et découverte d'une théologie qui articule Bien et Mal sans avoir besoin d'un Diable indépendant : le zoroastrisme. Ormuz (principe de construction) et Angra Mainyu (principe de destruction) forment une paire corrélée qui construit le Vivant — comme les ostéoblastes et les ostéoclastes fabriquent ensemble l'os vivant.

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Où le Bon Dieu est chassé, les digues cèdent

Troisième partie

Prendre Dieu au sérieux — en Le retirant d'abord de toutes les religions

Retirons Dieu de toutes les religions et regardons ce que ces religions font sociologiquement aux pays qui les pratiquent. Les catastrophes naturelles frappent toujours les mêmes pays — Haïti, le Népal, jamais Londres. Test par paires géographiques (Hispaniola, Népal/Bhoutan, Chili/Pérou), création d'une unité mesurable — le Deus, ou nombre d'invocations publiques de Dieu par chef d'État par an — et retournement de l'argument de Voltaire après Lisbonne.

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Un couple, pas un trône

Quatrième partie

Ce que la clinique enseigne sur les catastrophes

L'ostéoblaste construit l'os, l'ostéoclaste le détruit, et c'est leur couple qui fabrique la forme. La main du fœtus naît de la mort programmée des cellules interdigitales, qui savent où s'arrêter. Cet amortissement autolimité, signature du vivant, se retrouve partout — jusqu'aux 400 drones russes qui font 4 morts, jusqu'aux 68 000 tonnes larguées sur Berlin. Trace d'un Dieu-législateur qui pose les règles, pas d'un Dieu-arbitre qui intervient — et retrait de l'alibi divin à ceux qui tuent en Son Nom.

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La baraka sans morale

Cinquième partie

Une bénédiction qui protège ce qui fait tenir l'ensemble

On a tous failli mourir des dizaines de fois. Hitler, champion hors catégorie, a échappé à la noyade enfant, aux obus de 14 et à une quarantaine d'attentats ; aucun roi de France n'est mort au combat en huit siècles. Si la baraka venait du Bon Dieu, il faudrait en faire le premier fan d'Hitler. Elle est donc ailleurs : dans la fluidité des champs où les choses se heurtent, depuis le clinamen de Lucrèce jusqu'au globule rouge qui encaisse 170 000 coups de sabot avant de mourir. Le tireur, la cible et la foule y dansent un même ballet, de Butler à Orem, et les circonstances se répètent sans complot, comme des unités carrées : Lincoln et Kennedy. Sur cent heurts réels, un seul environ détruit. S'il y a un Bon Dieu, Il est dans ce Principe de conservation des ensembles, pas derrière chaque balle déviée.

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Dialogue

Enfer et Paradis

Du chaudron de fer au Principe de Loulé

L'enfer en bas, le paradis en haut : les religions en ont fait une arme. Prenons-les au mot. Le centre de la Terre est un chaudron de fer en fusion — l'en-fer — et c'est lui qui fabrique le bouclier magnétique sans lequel le jardin de la surface n'existerait pas : l'enfer travaille pour le paradis. Le passé, lui, est conservé en clichés neutres, sans bien ni mal ; ceux-ci n'existent que dans le film des vivants. D'où un enfer forcément temporaire, comme le disaient les Perses, un nom effacé qui laisse l'acte conservé, et une hypothèse finale, le Principe de Loulé : pour les morts, la question de Dieu n'existe plus. Répondre est un privilège des vivants.

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