Le Foot, l'Église et la République
Quatre articles écrits fin septembre 2026, dans l'ordre où ils sont venus. Point de départ : une lecture de la finale du Mondial 2014 comme expérience de légitimité. Point d'arrivée : la question du Primum Inter Pares. Entre les deux, une nausée d'un soir devant une émission sur l'Inquisition — et l'obligation de tout reprendre.
Ces textes sont chronologiquement enchaînés. Le foot a été écrit d'abord, comme une annexe du dossier Malachie. Une émission d'Arte sur l'Inquisition, vue le soir suivant, a provoqué le besoin d'un rééquilibrage à chaud sur l'histoire de l'Église — écrit dans la foulée. La discussion s'est déplacée vers la question de la République française, et de là vers la synthèse en Primum Inter Pares. C'est le mouvement d'une pensée en train de se faire, qui a fini par ouvrir le dossier Physique de la légitimité qui vient ensuite.
Les articles
Deux papes devant la télé
La finale du Mondial 2014, Argentine contre Allemagne, jouée le 13 juillet à Rio. Ce jour-là, deux hommes ayant porté le blanc sont vivants à Rome — le pape argentin en fonction et le pape allemand émérite. À la 113ᵉ minute, Mario Götze — dont le nom porte la racine allemande de Dieu — marque pour l'Allemagne. Une lecture serrée de ce match comme expérience de légitimité, avec la loi des invasions culturelles et la papauté comme seule chaîne documentée qui remonte à Pierre.
Un rééquilibrage
Écrit à chaud, le lendemain, après une émission d'Arte sur l'Inquisition qui a donné la nausée. Il fallait dire clairement d'où je parle : je ne défends pas l'Église inconditionnellement, la critique protestante avait de très bonnes raisons, et l'histoire de la papauté se lit en trois temps — un début humble, un long milieu « western » avec les Borgia, Boniface VIII, les papes soldats, et un retour au dépouillement dont le pape actuel est le témoin.
La légitimité de la République française, sa grandeur et sa décadence
Une fois qu'on a passé l'Église à l'évaluateur de légitimité, il faut y passer la République. Elle sort avec les honneurs d'un côté (sécurité sociale, école pour tous, valeurs) et avec ses points noirs de l'autre : la renumérotation qui montre qu'on est sous la Troisième et non la Cinquième, la laïcité comme religion inventée, la guerre de 14 comme croisade laïque menée par Clemenceau en pape, le rythme RER (République-Empire-Royaume) qui tourne en boucle, et le miroir Robespierre-Macron.
Primum Inter Pares
La synthèse, en réponse à la nausée d'Arte. Deux institutions arrivent à la fin de leur mission historique — la papauté et la République. Ce qui reste, une fois qu'on a intériorisé le sacré et la règle civique que chacune a déposés en nous, c'est un être sujet-citoyen à la fois. Pour la transition, il faut encore une figure — un Primum parmi les Pares, non plus contraignant mais attestant. Et c'est Jérémie 31 qui commande, depuis vingt-cinq siècles : « je mettrai ma Loi au-dedans d'eux, et je l'écrirai dans leur cœur ».